La conquête

Publié le par Jul

Critique écrite dans le cadre du Festival de printemps.

 

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Pourquoi réaliser "La conquête" aujourd'hui? Parce que la présidentielle a lieu dans un an? Le film de Xavier Durringer a en réalité le même défaut que "The social network" de David Fincher: il est sorti trop tard. On aurait bien aimé voir ces films un an (trois maximum pour Fincher) après l'arrivée au pouvoir des personnages, alors qu'on n'avait pas encore eu le temps de s'habituer.

 

Résultat, on se retrouve face à des films qui, malgré tous leurs mérites, ne nous apprennent absolument rien de ce qu'on sait déjà. "La conquête" se contente d'ailleurs de reprendre les gros titres de la presse de l'époque. La réalisation de Xavier Durringer est aussi impersonnelle que peu transcendante, l'interprétation des acteurs est bonne mais pas vraiment magistrale.

 

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Et puis, quel est l'intérêt d'entrecouper le film par des séquences montrant Nicolas Sarkozy tout au long de la journée du 7 mai? Pourquoi ne pas les avoir placées en fin de film, de façon conventionnelle mais sans prise de risques? Le spectateur finit par perdre les pédales, en voyant partir Cécilia au milieu du film alors que les séquences en question ont déjà annoncé qu'elle est partie, mais c'est un autre jour, et d'ailleurs elle revient, elle s'en va, elle revient, et ainsi de suite.

 

Restent au film quelques points positifs: les dialogues, tous plus incisifs les uns que les autres, et toujours bien trouvés quand ils ne sont pas véridiques; et la superbe musique de Nicola Piovani, plus ou moins bien synchronisée avec l'histoire. Mais cela ne sauve pas le film, qui devient malgré lui (?) un outil efficace dans la course à la présidentielle de Nicolas Sarkozy.

 

 

 

Publié dans Cinéma

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Jérémy 05/06/2011 17:23



Aucun intérêt derrière ce film, même si l'ironie est bien réussie (les dialogues sont plutôt bien écrits oui).


Par contre aaaaah, on compara pas avec Fincher ! ^^



Jul 11/06/2011 16:55



Niveau ironie, ça manque quand même de recul!



fredastair 05/06/2011 12:05



Je n'ai pas l'habitude de dire ça, mais ce film est une vraie daube de chez daube, et ça fait du bien de voir quelqu'un qui le dit clairement ! Merci donc. Effectivement, enjeux politiques
faibles (on n'apprend rien) et enjeux artistiques nuls (c'est d'une laideur pas possible).


 


Le film ne fait pas vraiment de propagande pro-Sarko (volontaire), disons qu'il y est poussé involontairement par son parti-pris "humain" : ce dernier, s'il est louable, est traité avec si peu de
finesse que ça en devient gênant (le départ "Feux de l'Amour approved" de Cécilia : "je pars sur un coup de coeur", ah ben elle est bien bonne celle-là).


 


Comparer le film à la bio de Zuckerberg, c'est pas très sympa  ;-)  Certes, dans les deux films on n'apprend rien (et dans les deux films il y a cette construction puzzle, virtuose chez
Fincher, complètement bidon ici), mais au moins dans "The social network" il y avait plus de mise en scène, plus de punch, de meilleurs comédiens... Pour moi, le film de Fincher est une petite
bombe esthétique (je sais que beaucoup ne partagent pas cet avis, mais bon, c'est le mien), alors que le film de Durringer est tout au bas de l'échelle.



Jul 05/06/2011 12:18



Mais de rien :]


Je ne le compare pas vraiment à The social network, ils n'ont aucun point commun, si ce n'est comme je disais d'avoir été réalisés avec trois trains de retard... Rien de plus!



Neil 22/05/2011 22:17



Je me suis posé les mêmes questions que toi. Je ne vois pas l'intérêt de cette histoire qui nous est racontée. J'ai trouvé le film vain et futile, n'enchaînant que des name dropping lassants à
force.



Jul 22/05/2011 23:40



Eh oui, c'est bien dommage...



Hérodonte 22/05/2011 04:45



Contrairement à vous, je ne pense pas que ce soit de la propagande pour 2012 et Sarkozy. Il est vu comme un frimeur, un carrièriste, un opportuniste, un manipulateur... Le portrait aurait pu être
vraiment élogieux si le réalisateur l'avait voulu. Mais là, il donne un ensemble de ce qu'est Sarkozy dont ce côté humain. Pourquoi pas.



Jul 22/05/2011 09:39



Oui, enfin, il est tout d'abord vu comme un homme fragilisé par sa rupture avec sa femme. Je ne dis pas que le film fait de la propagande, mais en insistant sur certains points psychologiques du
personnage, il finit par être pro-sarkozyste malgré lui.



Bob Morane 21/05/2011 18:29



A la sortie de la salle, j'étais déçu du manque de force, de vie, j'attendais autre chose, mais les acteurs m'avaient vraiment épaté, et puis tête reposée, je pense plus comme toi, ce n'est pas
un bon film, ni moyen, mais pas terrible au final. ça ressemble à une campagne pour sarkosy...



Jul 21/05/2011 18:37



Totalement d'accord...