Ralph Gibson chez LWS/Photo 4

Publié le par Jul

Ralph Gibson connaît bien la galerie LWS (Lucie Weill & Seligmann), puisque sur les cinq expositions de l’artiste américain à Paris, elle en a organisé trois à elle seule.

 

C’est donc évidemment là qu’il revient cette année, à l’occasion de la sortie de son livre "Nude" chez Taschen, qui en 1999 avait déjà publié de lui "Deus ex machina". Et, comme si une seule galerie ne suffisait à ce photographe pas comme les autres, l’expo se poursuit quelques portes plus loin chez Photo 4.

 

Celui qui considère le corps féminin comme l’expression de la perfection et de l’infini, nous propose ici le meilleur de ses plus récentes œuvres : beaucoup de nus donc, mais pas seulement. En tous cas, un bel ensemble de jeux de contrastes et d’ambiances extrêmement élaborés, à la composition soigneusement étudiée et dont les recherches sur l’ombre et la lumière, les noirs et les blancs rappellent Man Ray mais aussi Bill Brandt.



Ralph Gibson - Galerie LWS

 

Mais en plus de ses clichés qui valent vraiment le déplacement, ce qui fascine c’est tout le chemin parcouru par Gibson avant de devenir un photographe reconnu par le monde artistique. Gibson est, tout d’abord, de ces gens qui grandissent dans un certain milieu mais peuvent mettre des années avant d’en faire leur voie. Ayant passé son enfance sur les plateaux de la Warner et surtout d’Hitchcock dont son père était l’assistant, il quitte l’école à seize ans et entre dans la marine. C’est par hasard qu’il entre à l’école de photographie de Pensacola, où il va apprendre le documentaire, le portrait et la similigravure. Assez vite il se rend compte de l’importance que prend ce médium pour lui.

 

Son passage dans la marine lui permet aussi de découvrir le monde et de faire escale à New York, avec ses clubs de jazz et les lectures poétiques de Gregory Corso, Allen Grinberg et Jack Kerouac. De ce dernier il retiendra "Sur la route", qui l’emmène droit à Los Angeles et à son Art Center, où il ne s’inscrira pas car il rencontre des étudiants en art et les suit à San Francisco, toujours pour apprendre la photo. En 1961, soit un an plus tard, il quitte l’Institut pour assister Dorothea Lange. Ses débuts comme photographe indépendant n’attirant pas les contrats, il s’envole pour le paradis des photographes : New York.

 

Ses rencontres avec Robert Frank, Larry Clark, Mary Ellen Mark, Marguerite Duras, Jorge Luis Borges vont le conduire progressivement de la photo commerciale et du reportage à la vie nocturne et au surréalisme. Cela donnera un livre, "The somnambulist". A sa parution en 1970, le succès est immédiat. Depuis, avec des expositions à Séoul, Moscou, Berlin, Houston ou Toronto, Ralph Gibson n’a fait que confirmer que cette reconnaissance était méritée.


Ralph Gibson


Site de Ralph Gibson

Photo 4 - 4 rue Bonaparte, Paris 6ème

Galerie LWS - 6 rue Bonaparte, Paris 6ème


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