L’avant-garde russe dans la collection Costakis

Publié le par Jul

13/11/2008-02/03/2009

Musée Maillol, Paris


Alors que Beaubourg présente une grande rétrospective sur le futurisme en Europe, le Musée Maillol préfère se concentrer sur l’avant-garde en Russie, en évitant de se limiter au photomontage.

 

Au début du 20ème siècle, les artistes russes s’inspirent du cubisme et du futurisme, qu’ils synthétisent. Vient ensuite la révolution qui les pousse à développer des recherches d’une nouveauté radicale, jusqu’à ce que l’arrivée de Staline au pouvoir mette fin à toute liberté créatrice et condamne les artistes à l’oubli. Quand on les redécouvre dans les années 70, on en donne une version très schématique, réduite au suprématisme de Klioune, Popova et Malevitch, et au constructivisme.

 

Le but de cette exposition est évidemment de montrer les nombreuses facettes
d’une avant-garde aux mouvements moins lisses et aux démarches personnelles plus sinueuses qu’on a voulu le faire croire. Le public découvre ainsi des courants mineurs et des peintres moins connus et on se rend compte que certaines œuvres anticipent des recherches faites après-guerre par l’expressionnisme abstrait américain ou l’abstraction lyrique française.

 

J’ai trouvé vraiment très intéressantes les peintures, qui dévoilent un aspect pas forcément connu de l’avant-garde russe et qui ont quelque chose de vraiment contemporain : il n’y a qu’à voir le traitement de la lumière dans Composition sphérique non objective, Klioune, 1922-1925 ; le minimalisme dans les formes et les couleurs d’Architectonique picturale, Lioubov Popova, 1919 ; ou les stupéfiantes œuvres de Koudriachov Construction d’un mouvement rectiligne, 1925, et Luminescence, 1926. La suite de l’expo présente des œuvres de propogande (Klutsis, Popova), des projets de Vialov pour le théâtre, et finit sur des photos d’une cuisine communautaire de l’URSS.

 

Bref, un panorama à voir en plus de l’expo à Beaubourg. Mais à voir aussi pour Costakis, chauffeur d’ambassade à Moscou qui découvrit cette période de l’art russe à une époque où l’art était marginalisé par le pouvoir, et collectionna 1300 pièces dont une partie se trouve aujourd’hui à Thessalonique.

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