Le futurisme à Paris. Une avant-garde explosive

Publié le par Jul

15/10/2008-26/01/2009

Centre Pompidou, Paris

 

Pour fêter le centenaire de la naissance du futurisme, qui est à l’origine des avant-gardes du début du 20ème siècle, Beaubourg organise une grande rétrospective présentant l’ensemble du mouvement, ses apports à l’étranger et ce qu’il en reste aujourd’hui.

 

Au départ, le Manifeste des peintres futuristes (02/1910) conteste la suprématie cubiste et s’attaque notamment au nu en peinture (le premier tableau cubiste étant Les demoiselles d’Avignon, 1907). Le groupe italien se réclame de l’impressionnisme et de sa palette aux couleurs multiples. Pour lui, c’est inutile de s’intéresser aux arts primitifs, la modernité se trouve dans la ville, la vitesse, le mouvement, l’électricité. Jusqu’à ce que Carrà et Boccioni découvrent les tableaux de Braque et Picasso à Paris en 1911. Cela donnera la deuxième version des Etats d’âme de Boccioni …

 

On revient ensuite à l’évolution du futurisme qui se rapproche du cubisme (Les joueurs de football, Albert Gleizes, 1912-1913) ; en octobre 1912, le Salon de la Section d’or, sous les différentes tendances picturales qui le composent, est en réalité la preuve d’une recherche de synthèse entre les deux mouvements. Il suffit d’ailleurs de voir le Nu descendant un escalier n°2 de Duchamp (1912), qui en dira : « C’est une interprétation cubiste d’une formule futuriste ».

 

Le futurisme est dès le départ international, le premier manifeste de Marinetti paraissant dans Le Figaro à Paris (20/02/1909). Il va s’étendre à l’Angleterre (Discours futuriste aux Anglais, avril 1910), à la Russie (où il devient en 1913 le cubo-futurisme, et quand Marinetti rencontre Malevitch l’année suivante, les idées ont non seulement été assimilées mais largement dépassées par les Russes), à la France (où il ne fera pas école mais on peut citer Félix del Marle et son Manifeste futuriste contre Montmartre).

 

Quant à ce qu’il en reste aujourd’hui, il est à sa manière toujours présent, comme le prouve Jeff Mills et ses Critical Arrangements (2008), ou comment un des pionniers de la techno exprime en vidéo les idées d’un groupe qui avait compris que « l’affirmation du pouvoir, la force et la vitesse étaient la preuve tangible que les sociétés avaient atteint un degré important d’évolution ».

Publié dans Art moderne

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