Picasso et les maîtres

Publié le par Jul

08/10/2008-02/02/2009

Grand Palais, Paris



 










Incontestablement l’une des meilleures expositions de 2008 en France, « Picasso et les maîtres » fait le lien entre l’artiste espagnol et tous ceux qui l’ont inspiré : on voit ainsi les œuvres datant de sa formation aux Beaux-Arts (copies de maîtres et dessins académiques dont certains valent vraiment le détour), ses premières recherches où il applique sa notion de l’art qui « n’est pas l’application d’un canon de beauté, mais ce que l’instinct et le cerveau peuvent concevoir indépendamment du canon ». Le tout à côté de toiles de Manet, Ribera, Velasquez ou Delacroix. Ces mises en parallèle sont faites soit en exposant des œuvres avec un thème commun (on voit les ressemblances entre un tableau de Picasso et celui qui l’a inspiré : c’est le cas avec le Portrait de Mademoiselle Rivière d’Ingres par exemple) ; soit en mettant ensemble deux tableaux dont l’un est une version personnelle de l’autre : Les demoiselles des bords de Seine, Courbet, 1857, vs. Les demoiselles des bords de Seine d’après Courbet, Picasso, 1950 ; soit enfin en présentant des tableaux évoquant trop Lautrec ou Degas pour qu’on arrive facilement à croire qu’ils ne sont en fait signés ni l’un, ni l’autre …

 

L’expo est à voir absolument, pour la bonne raison qu’on pensait tout savoir sur lui : et non, il y aura toujours quelque chose à apprendre ou à redécouvrir. De plus ça n’arrive pas souvent qu’on réunisse autant d’œuvres (et pas n’importe lesquelles !), et accessoirement les organisateurs n’ont rien laissé au hasard pour que l’expo soit réussie (par exemple, je ne pense pas qu’elle aurait eu le même effet si le parcours avait été chronologique au lieu d’être thématique). Rien que pour ça c’est stupide de ne pas y aller.

 

Seulement, maîtres ou pas maîtres, le sujet principal reste Picasso, et comme toute expo sur Picasso qui se respecte, elle est victime de son succès. Ce qui revient à dire que les gens viennent du fin fond de leur province rien que pour elle, quitte à faire 3h de queue sous la pluie (véridique, même si j’ai eu la chance d’y échapper), et qu’une fois que vous êtes rentré vous avez autant de monde dans une même salle qu’il y en a qui attendent dehors. Si sachant cela vous êtes toujours motivés, il vous reste encore une semaine …

Publié dans Art moderne

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